Électrifier la France : un tournant politique majeur qui doit désormais s’appuyer sur l’industrie manufacturière de l’électrification

Le 10 avril 2026, le Premier ministre a consacré un discours entièrement dédié à l’électrification des usages. Un signal politique fort, alors même qu’il y a moins de deux ans, la Programmation pluriannuelle de l’énergie ne mentionnait ce sujet qu’à la marge.

Pour le GIMELEC, cette prise de parole marque une avancée majeure. Elle appelle désormais des traductions opérationnelles à la hauteur des enjeux industriels, technologiques et économiques. 

Une reconnaissance politique claire de l’électrification comme levier de souveraineté

Dans un contexte international instable, le Premier ministre a rappelé que l’énergie n’est pas un simple marché, mais un enjeu de souveraineté, de sécurité nationale et de résilience économique. Le lien explicitement établi entre dépendance aux énergies fossiles, vulnérabilité géopolitique et pouvoir d’achat marque une évolution structurante du discours public.

Le choix assumé d’« électrifier la France » s’inscrit dans une logique de long terme, défendue de longue date par le GIMELEC, valorisant un atout décisif : une électricité produite sur le territoire, compétitive et faiblement carbonée, issue de choix industriels stratégiques historiques.

 Un point central : s’appuyer sur l’industrie manufacturière de l’électrification

Le GIMELEC rappelle inlassablement une réalité essentielle : la France dispose encore d’un tissu industriel manufacturier dans le domaine de l’électrification, que le groupement représente et fédère.

Les entreprises du GIMELEC conçoivent, fabriquent et intègrent les équipements et systèmes indispensables à l’électrification de l’économie : équipements électriques, automatismes, systèmes de pilotage énergétique, solutions numériques appliquées aux bâtiments, à l’industrie, aux infrastructures énergétiques et aux réseaux.

Ce tissu industriel existant constitue un levier immédiat pour transformer les ambitions politiques en déploiements concrets. L’électrification ne peut donc être pensée comme une simple politique d’usages : elle doit explicitement s’appuyer sur l’industrie qui fabrique les solutions, condition essentielle de la souveraineté, de la compétitivité et de la création de valeur sur le territoire.

Un changement d’échelle à réussir conjointement sur les usages B2C et B2B

Les premières annonces du Gouvernement ont été consacrées aux usages grand public. Logement et mobilité constituent les premiers leviers mobilisés : fin des chaudières gaz dans le neuf, accélération du déploiement des pompes à chaleur, électrification du logement social, montée en puissance du véhicule électrique et renforcement des dispositifs de soutien. Le doublement des moyens publics consacrés à l’électrification, portés à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030, marque une ambition assumée.

Ce changement d’échelle est indispensable pour réduire rapidement la dépendance aux énergies fossiles et répondre aux enjeux de pouvoir d’achat et de souveraineté énergétique. Pour autant, la réussite durable de l’électrification ne peut reposer sur le seul pilier B2C. Elle doit s’appuyer tout autant sur le socle B2B, aujourd’hui encore trop discret dans le débat public.

L’industrie, les bâtiments tertiaires, les infrastructures énergétiques et numériques et l’ensemble de l’économie productive concentrent des volumes de consommation, des puissances appelées et surtout des leviers d’optimisation déterminants pour l’équilibre du système électrique. Ces secteurs ne sont pas de simples consommateurs d’électricité : ils jouent un rôle central dans la performance globale du système à travers l’intégration de solutions d’efficacité énergétique, d’automatisation, de pilotage et de flexibilité des usages.

D’un point de vue macroéconomique, l’objectif est clair : augmenter la part de l’électricité dans les usages pour sortir des énergies fossiles. Mais projet par projet, site par site, l’électrification doit impérativement s’accompagner d’une optimisation fine de son utilisation. Cette articulation entre B2C et B2B conditionne directement le dimensionnement global des infrastructures électriques, en particulier des réseaux.

Sans efficacité énergétique et flexibilité intégrées dès la conception, l’électrification massive conduirait à des surdimensionnements coûteux, à une pression accrue sur les investissements de réseaux et à une consommation excessive de matières premières. À l’inverse, une électrification pensée conjointement sur les usages grand public et professionnels permet de contenir les coûts collectifs, d’optimiser l’usage des infrastructures existantes et de sécuriser la trajectoire industrielle et énergétique.

 Un cap désormais posé, à concrétiser avec l’industrie de l’électrification

En consacrant un discours entier à l’électrification, le Gouvernement franchit une étape politique déterminante. Pour le GIMELEC, l’enjeu est désormais de traduire cette ambition de manière opérationnelle, en s’appuyant pleinement sur l’industrie manufacturière de l’électrification, et en faisant de l’efficacité énergétique et de la flexibilité des piliers à part entière de la stratégie nationale.